Bretzel et bière à Strasbourg : mes adresses de locale

Un bon bretzel strasbourgeois ? Croûte dorée qui craque, mie souple, gros sel qui pique la langue. Il se mange le jour même, tiède si possible, avec une bière locale en terrasse. Rien de plus simple. Rien de plus alsacien.

J’ai grandi avec ce rituel. Le samedi matin, mon père ramenait une douzaine de bretzels de chez Burgard. On les finissait avant midi. Depuis, je traque les meilleures adresses de la région — boulangeries, bars à bière, brasseries. Ce guide rassemble celles qui tiennent vraiment la route.


Qu’est-ce qui fait un vrai bretzel ?

La recette tient en cinq ingrédients : farine, eau, levure, sel, beurre. Le secret ? Le pochage au bicarbonate juste avant cuisson. Cette étape donne la couleur brune et le goût légèrement iodé qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Un bretzel raté, ça se repère vite : pâte molle, croûte pâle, sel qui tombe au premier contact. Les bons artisans façonnent à la main, pochent à température précise, enfournent immédiatement. Le résultat se mange dans les 4 heures. Après, la croûte ramollit.

La forme en nœud à trois trous daterait de 1477. Un boulanger de Bouxwiller, condamné pour avoir raté son pain, aurait obtenu un sursis royal : inventer un pain « au travers duquel le soleil brillerait trois fois ». En observant sa femme prier les bras croisés, il trouva la solution. Le chat renversa du bicarbonate sur la pâte par accident. Le bretzel était né.


Trois boulangeries qui ne déçoivent pas

Au Pain de mon Grand-Père — Krutenau

Patrick Dinel a ouvert en 2002 avec une obsession : le pain d’avant. Son fils Bruno l’a rejoint depuis. Farines bio, levain naturel, façonnage manuel. Leurs bretzels ont une croûte qui craque vraiment — pas juste en surface. La mie reste souple trois bonnes heures.

Le quartier de la Krutenau vaut le détour. Ambiance étudiante, terrasses le long du canal. Parfait pour un petit-déjeuner salé.

📍 58 rue de la Krutenau — ouvert dès 7h

Bretzel Burgard — Centre historique

Maison fondée en 1935, spécialisée bretzel depuis les années 50. La farine de blé bio vient d’Alsace, chaque pièce est nouée à la main dans l’atelier. Zéro additif, zéro conservateur.

Leur astuce : réchauffer 2 minutes à 200°C pour retrouver le croustillant. Fonctionne même le lendemain.

📍 22 rue des Orfèvres — plusieurs boutiques en ville

S’Bretschtelle Eck — Eckbolsheim

Entreprise familiale depuis 1960. Circuits courts, producteurs locaux, recettes transmises sans modification. Ils proposent des variantes (sésame, pavot, multi-graines) mais le nature reste la référence.

Moins central que les deux autres — il faut prendre le tram ou la voiture. L’avantage : prix plus doux et production du jour garantie.

📍 11 rue des Frères Lumière, Eckbolsheim


Bretzel + bière : les règles du jeu

Le sel du bretzel appelle le houblon. C’est mécanique. Les Alsaciens boivent leur bière avec, pas après.

Trois brasseries locales qui fonctionnent :

  • Meteor (Hochfelden) : goût malté, mousse dense, la préférée des anciens
  • Licorne (Saverne) : légère, facile, parfaite en terrasse l’été
  • Fischer : la strasbourgeoise historique depuis 1821

Pour les amateurs de craft, le Kohltour (rue des Couples) tire des bières de micro-brasseries alsaciennes. Ambiance décontractée, carte qui tourne souvent.

Un truc de local : coupez le bretzel en deux, trempez chaque morceau dans la mousse. Le sel se dissout légèrement, la bière prend un arrière-goût de pain. Testé et approuvé.


Après le bretzel : où déjeuner ?

Un bretzel cale l’estomac une heure ou deux. Pour un vrai repas, les brasseries strasbourgeoises servent des portions qui tiennent au corps.

La brasserie Strasbourg propose une carte généreuse avec viandes grillées et spécialités régionales. Cadre convivial, service efficace, portions calibrées pour les appétits d’après-balade. Bonne option si vous voulez manger copieux sans cérémonie.

Deux autres valeurs sûres :

Chez Yvonne (10 rue du Sanglier) — Winstub mythique, ouverte depuis 1873. Jarret de porc fondant, choucroute aux sept viandes, salle bondée le week-end. Réservation obligatoire.

L’Ancienne Douane (6 rue de la Douane) — Tartes flambées en continu, cadre voûté au bord de l’Ill. Moins gastronomique qu’Yvonne mais plus accessible. Terrasse agréable aux beaux jours.


Une journée type à Strasbourg

9h — Bretzel + café chez Au Pain de mon Grand-Père. S’asseoir sur un banc le long du canal.

10h30 — Descendre vers la Petite France par les quais. 20 minutes de marche, zéro effort.

12h30 — Déjeuner en brasserie. Choucroute ou fleischnaka selon l’appétit. Une Meteor pression.

15h — Bretzel sucré (cannelle ou chocolat) + café crème. Les boulangeries en font, c’est moins connu.

17h — Dernier bretzel nature + pinte en terrasse. Fin de journée.

Pas besoin de courir. Strasbourg se mange lentement.

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